Vous envisagez de monter votre entreprise au Luxembourg en 2027. Mais vous vivez à Thionville, Arlon ou Trèves. Ou vous venez d’arriver dans la région et vous n’avez pas encore de logement au Grand-Duché.
Bonne nouvelle : travailler au Luxembourg sans y habiter est tout à fait possible, et c’est même le quotidien de plusieurs centaines de milliers de frontaliers. Mais dès qu’on crée sa propre structure, trois sujets deviennent décisifs : votre statut, votre espace de travail et votre adresse professionnelle.
Voici ce qu’il faut savoir avant de vous lancer.
Peut-on créer une entreprise au Luxembourg sans y résider ?
Oui. Si vous êtes ressortissant de l’Union européenne (français, belge, allemand…), aucune obligation de résidence ne vous empêche de créer et de diriger une société luxembourgeoise.
En revanche, l’administration ne vous demande pas où vous dormez : elle vous demande où vous travaillez. Pour exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, votre entreprise doit obtenir une autorisation d’établissement auprès du ministère de l’Économie. Et celle-ci repose sur deux piliers :
- Un dirigeant qui remplit les conditions d’honorabilité professionnelle. Si vous ne résidez pas au Luxembourg (ou y résidez depuis moins de 10 ans), une déclaration notariée de non-faillite vous sera demandée en plus.
- Un lieu d’exploitation fixe au Luxembourg, adapté à la nature de votre activité, où le dirigeant assure réellement la gestion de l’entreprise.
Concrètement : vous pouvez habiter à Metz ou à Arlon, mais votre entreprise, elle, doit vivre au Luxembourg. Nous détaillons les démarches de création dans notre article Créer sa société au Luxembourg : les 3 premières décisions sur votre espace de travail.
Ce qui change (ou pourrait changer) en 2027
Plusieurs évolutions récentes rendent le Luxembourg plus accessible aux entrepreneurs non-résidents.
Déjà en vigueur : un capital de SARL plus facile à réunir. Depuis juin 2026, les fondateurs d’une SARL n’ont plus à verser l’intégralité du capital minimum de 12 000 € dès la constitution : ils disposent de 12 mois pour le libérer. Un vrai soulagement quand on démarre.
En discussion : une réforme du droit d’établissement. Le projet de loi n°8759, déposé à la Chambre des députés en juin 2026, prévoit deux changements majeurs :
- pour les activités peu réglementées, une simple notification en ligne remplacerait l’autorisation préalable, avec un démarrage possible dès l’obtention du numéro et des contrôles réalisés ensuite ;
- la possibilité de désigner un fondé de pouvoir pour assurer la présence physique permanente dans l’établissement lorsque le dirigeant ne peut pas l’assurer lui-même, sans pour autant lui transférer sa responsabilité.
Ce second point intéresse directement les dirigeants frontaliers. Mais attention : le texte n’est pas encore voté, et même adopté, il ne supprimera pas l’essentiel. Il faudra toujours un établissement réel et identifiable au Luxembourg.
Votre statut : attention aux seuils de télétravail
C’est le piège le plus fréquent pour ceux qui travaillent au Luxembourg sans y habiter : les jours travaillés depuis votre pays de résidence. Deux compteurs, indépendants l’un de l’autre, s’appliquent.
Le seuil fiscal : 34 jours par an. Pour les salariés frontaliers résidant en France, en Belgique ou en Allemagne, la tolérance est fixée à 34 jours de travail hors du Luxembourg par an. En cas de dépassement, c’est l’ensemble des jours travaillés depuis le pays de résidence qui y devient imposable, pas seulement les jours en trop. Un relèvement est discuté avec la France, sans accord à ce jour.
Le seuil social : 25 %, voire 49,9 %. En matière de sécurité sociale, travailler 25 % ou plus de son temps depuis son pays de résidence peut faire basculer l’affiliation. Pour les salariés d’un seul employeur, un accord-cadre européen permet de monter jusqu’à 49,9 % de télétravail en restant affilié au Luxembourg, sur demande. Cet accord ne s’applique ni aux indépendants, ni aux personnes ayant plusieurs employeurs.
Si vous créez votre propre activité, vous êtes donc souvent dans la situation la plus exposée. La meilleure protection reste la plus simple : exercer réellement votre activité au Luxembourg, dans un lieu identifié. Et pour votre situation personnelle (salarié de votre société, gérant, indépendant), faites valider vos choix par une fiduciaire ou un expert-comptable.
L’espace de travail : la condition que beaucoup découvrent trop tard
Un résident peut parfois établir son entreprise à son domicile, sous conditions. Pour un non-résident, cette option n’existe tout simplement pas : vous n’avez pas de domicile luxembourgeois.
Il vous faut donc un lieu professionnel au Luxembourg. Et pas n’importe lequel :
- Une simple boîte aux lettres ne suffit pas. Le Luxembourg ne tolère pas les sociétés « coquilles vides » : l’autorisation d’établissement exige une installation matérielle réelle.
- La domiciliation est strictement encadrée. Elle est réservée à des professions réglementées et, seule, ne permet généralement pas d’exercer une activité commerciale.
- Le bail commercial classique est rarement adapté au démarrage. Engagement long, travaux, mobilier, charges : c’est lourd quand on teste un marché ou qu’on démarre seul.
Et au-delà de l’aspect légal, un vrai bureau change votre quotidien : un endroit où recevoir vos clients, tenir vos réunions et vous concentrer, à quelques minutes de la frontière.
L’adresse professionnelle : votre carte de visite luxembourgeoise
Votre adresse au Luxembourg devient le siège social de votre société. Elle figure au Registre de commerce et des sociétés, sur vos factures, vos devis, votre site web.
Pour vos clients, vos partenaires et votre banque, c’est un signal de sérieux et d’ancrage local. Une adresse centrale et identifiable rassure bien plus qu’une adresse introuvable ou partagée par des dizaines de sociétés.
Paladium : la réponse concrète pour les non-résidents
Chez Paladium, nous accompagnons chaque jour des frontaliers et nouveaux arrivants qui lancent leur activité au Luxembourg. Notre approche est simple : vous offrir un espace réel, conforme et prêt à l’emploi, sans les contraintes d’un bail classique.
- Un bureau privé ou un bureau dédié qui vous permet d’établir le siège social de votre entreprise à notre adresse, avec boîte aux lettres pour votre courrier.
- Un accès à nos espaces et à nos salles de réunion pour recevoir vos clients dans un cadre professionnel.
- Un accompagnement via notre réseau de partenaires agréés pour les démarches administratives et la domiciliation en toute conformité.
- De la flexibilité : pas d’engagement long, et un espace qui évolue avec votre activité.
Vous êtes salarié frontalier et vous voulez préserver vos jours de télétravail ?
Nos bureaux à la journée vous permettent aussi de travailler au calme côté luxembourgeois, sans abonnement.
En résumé
→ Créer une entreprise au Luxembourg sans y habiter est possible pour les ressortissants de l’UE
→ L’autorisation d’établissement exige un lieu d’exploitation réel au Luxembourg, et un non-résident ne peut pas s’installer à domicile
→ Côté télétravail : 34 jours par an pour le fiscal, 25 % (ou 49,9 % via l’accord-cadre, salariés uniquement) pour la sécurité sociale
→ La réforme du droit d’établissement en discussion pourrait simplifier les démarches dès 2027, sans supprimer l’exigence d’un établissement réel
→ Un bureau au Luxembourg sécurise à la fois votre conformité, votre statut et votre crédibilité
Cet article est fourni à titre informatif et reflète la réglementation connue à la date de publication. Pour votre situation personnelle, rapprochez-vous d’une fiduciaire, de la Chambre de Commerce ou de la House of Entrepreneurship.
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